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Trading-Card

Bande son : 15
Inégales c’est le moins que l’on puisse dire. Si les premiers thèmes peuvent paraître sympa, d’autres sont répétitifs et ennuyeux. Il faut cependant attendre les thèmes finaux pour comprendre la portée musicale du soft.

Graphismes : 13
Point noir de Suikoden. Le tout peut paraître bien faiblard comparé aux autres must du RPG mais quand on jette un coup d’œil sur Suiko IV, on peut tout de même avouer qu’un effort louable à été effectué niveau réalisation.

Durée de vie : 18
Tout dépend de votre façon de jouer. Le jeu se finissant au minimum avec une cinquantaine d’heures, il faudra en compter au moins 70 pour obtenir les 108 protagonistes et donc les meilleures fins. Ces dernières étant légions, de quoi se plaint-on ?

Scénario : 18
Avec un début lent mais nécessaire, le jeu s’engouffre dans une ribambelle de complots et d’intrigues politiques. Le tout agrémenté de quêtes annexes apportant un véritable plus au jeu, vraiment du bon travail.

Gameplay : 17
Le retour des combats à 6 avec un système de combat classique aux Suikoden, des duels simples mais intéressants et des guerres prenantes mais amusantes. Vous aurez de quoi faire en parcourant les contrées éloignées de Faléna.

GENERAL : 16
Dur de ne pas sanctionner la réalisation et les chargements abusifs, mais il est également difficile de ne pas éprouver un plaisir immense une fois le jeu démarrer. Certes il ne plaira pas à tout le monde, mais à en voir son prix bas et si l’expérience vous tente n’hésitez surtout pas, foncez ! Moi il ne me reste qu’à attendre le sixième opus et de me mettre aux précédents.


Note des lecteurs : 17.7
Note :
Test : Suikoden 5
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Date de sortie : 21/09/2006
Date de test : 11/03/2007
Plate-forme : PS2
Genre : RPG
Testeur : Xogu
Commentaires (7)

Inspiré d’une légende chinoise, c’est en 1995 que la série des Genso Suikoden vit le jour. Si la série de Konami est parvenue à se faire reconnaître dans le milieu du RPG, c’est notamment grâce à son nombre impressionnant de protagonistes (pas moins de 108 personnages jouables). Après deux épisodes adulés et un troisième apprécié ; le quatrième fut assez controversé (en parti à cause de sa réalisation). Konami se devait de redorer le blason de son RPG phare et de réconcilier les fans avec la série. C’est dans cette optique que la firme lança la réalisation du Vème opus : revenir sur les bases qui ont fait le charme de la série. Mais est ce que Konami a finalement atteint son objectif ?

Faléna ; pays de paix et de bonheur…

Voilà la barre de force apparaissant en duel, ici le prince n’aura aucun mal à défaire son assaillant
Pour bien comprendre le scénario de ce Suikoden, il faut le replacer dans son contexte historique et politique. Tous les 16 ans, un tournoi où s’affrontent de puissants guerriers est organisé pour désigner l’époux de la future reine de Faléna (oui le royaume n’étant pas dirigé par un homme mais par une femme). Les derniers Jeux sacrés ont été remportés par Ferid, qui a donc obtenu la main de la douce et juste (pour le moment du moins) Arshtat, et en est devenu le principal garde du corps (ou chevalier de la reine, Ferid est donc le commandent de ses gardes du corps d’élites, de son statut d’époux de la reine) comme le veut la coutume.

Peu après le couronnement de la Reine, le royaume sombra en pleine crise. Pendant que les nobles s’entredéchirent dans l’ombre, Armes, un état voisin, tenta d’envahir le pays. S’ensuivirent de nombreux combats où Faléna subit de lourdes pertes mais remporta la victoire. La nation ennemie repoussée, une légère vague de rébellion se souleva alors à Lordlack, soulèvement mené par un des loyaux sujets de la reine. Pendant toutes ces confusions, l’un des 3 artefacts, assurant le pouvoir à la royauté, la Rune de l’aube (une des Runes authentiques, élément phare de la série) fut dérobée. Tous les soupçons se portèrent irrémédiablement sur la petite bourgade de Lordlack.
La reine entra dans une rage folle (on peut la comprendre, vu les évènements). Elle décida d’utiliser la Rune Solaire, la rune la plus puissante de cet épisode, pour assécher totalement le village qui, privé d’eau n’est plus qu’une terre aride et malade. C’est donc sur ses événements flous, étranges et pesants que se base le scénario.

Le joueur prend le contrôle du fils d’Arshtat et de Férid, le prince de Faléna (on vous laisse le soin de le nommer). Vous êtes accompagnés par Lyon, votre garde du corps plein d’entrain, Georg, le chevalier de la reine charismatique, et de Sialeeds votre tante cynique mais appréciable. Votre retour au château est l’occasion de voir votre mère péter les plombs, folie temporaire due au port de la Rune Solaire. Vous êtes de retour d’une sorte d’inspection à Lordlack pour constater les dégâts dus à la rune solaire. Une fois la Reine redevenue normale, vous faites plus ample connaissance avec votre Père, Férid, votre sœur Lymsleia (qui vous adore) et de Kyle, un autre Chevalier de la Reine. Vous allez, durant une petite dizaine d’heures, vous préparer à assister aux prochains Jeux sacrées, décidant de l’avenir de votre sœur. Et tout ne va pas se passer comme prévu…

Georg Prime Difficile de traiter ce Suikoden sans revenir sur le personnage fort et charismatique qu’est Georg Prime. Déjà apparu dans les 3 premiers volets, le joueur n’en connaissait que très peu sur ce protagoniste, simplement que ce dernier avait joué un rôle capital dans le destin de Faléna. Dans ce Vème opus, il a le rôle du mentor. Ami de longue date de Férid (pour des raisons contées à la fin du jeu) et gardien de la Reine de son statut, il n’hésite pas à vous accompagner pendant quelques voyages. C’est de loin le personnage le plus fort du jeu (dans le sens physique et moral) mais qui aime se faire désirer. Effectivement, le bonhomme aime l’indépendance et quitte régulièrement vos rangs (dans l’intérêt de l’intrigue et du prince pas pour allez faire la cueillette dans les champs). C’est le seul reproche qu’on peut lui faire, il vous lâche même pour le combat de fin ! Impardonnable..



Première impression : des défauts

Bienvenue à Faléna: à peine arrivé que les problèmes commencent...
Le joueur qui commence le jeu en s’attendant à un début du tonnerre où tout se déroule à une vitesse folle va être grandement déçu : le début du soft peut paraître long, ennuyeux et sans grand intérêt. Il faut attendre globalement une bonne dizaine d’heures (voir plus) pour que le jeu décolle vraiment.  Malgré tout, ce passage est obligatoire pour apprécier l’évolution du personnage principal. Durant ces dix heures, on voit le quotidien du héros, ses relations et son caractère. On constate alors que l’on contrôle un personnage plutôt faible, choyé par ses parents et surprotégé (à contrario de ce qui se fait habituellement dans un RPG où le héros est souvent fort et indépendant dès le départ). Ce début fade et ennuyeux est donc indispensable pour constater la progression du caractère du prince.

Seconde constatation : les graphismes sont assez mauvais. Techniquement le jeu est assez faible (quoique supérieur au IVième opus) : les décors sont parfois vides, il n’y a aucune cinématique et la modélisation laisse parfois à désirer : bref le joueur soucieux de l’esthétique du soft va vite arrêter l’aventure. On peut quand même saluer le design sympa des personnages principaux ainsi que les expressions du Prince (qui vire malheureusement à la caricature par moment) car ce dernier ne parle pas. Vous devrez  répondre par des phrases très courtes (qui feront office de « oui » « non ») lorsqu’on vous pose une question, mais aucune voix ne se fera entendre. Durant les cut-scenes, le héros s’exprimera par des expressions de visage, pas toujours déplaisantes. Certains adoreront en indiquant que malgré ce détail, le prince n’a pas besoin de voix pour montrer son implication dans l’aventure, les autres resteront sceptiques voire horrifiés par la tête parfois de semi-ahuri que peut tirer le héros.

Dernier défaut: les chargements abusifs. Compter 8 secondes par chargement (où l’on voit un protagoniste courir dans le coin de l’écran). Sachant que ces chargements sont légions, on peut perdre facilement 30min de chargement au total, arrivés à la fin du soft. Voici LE défaut inexcusable du jeu.

Voilà, après avoir bien craché dans la soupe, je vais pouvoir parler des avantages du jeu, qui sont beaucoup plus nombreux que ses défauts.


Des systèmes de combats classiques et ingénieux

Un exemple de coups combinés
Suikoden V ne comporte pas un mais trois systèmes de combats. On retrouve bien entendu le système habituel, à savoir le tour par tour. Se déclenchant sur la carte, contre les boss ou dans des lieux hostiles, vous changez d’écran pour vous retrouvez contre l’ennemi (bref comme dans tout RPG classique). Premier bon point : votre équipe active comporte à nouveau six combattants (comme dans les premiers opus), sans compter l’équipe de réserve, qui vous permet de remplacer un allié en mauvaise posture par un protagoniste en pleine forme, prêt à en découdre. Ce système est le plus courant du jeu, là où vos levels et autres équipements sont pris en compte. Vous pouvez attaquer directement, utiliser un item, employer vos runes (sans MP mais en quantités limitées) ou utiliser des attaques combinées, ces dernières nécessitant plusieurs personnages précis pour une attaque dévastatrice dans la plupart des cas.

Le second système est assez spécial. Le duel, comme son nom l’indique, oppose votre héros (du moins la plupart du temps) à un adversaire, mais level et compétences n’ont rien à voir avec le nombreux de dégâts infligés. Non, le déroulement d’un duel se fait de manière « triangulaire », c’est à dire que vous avez trois possibilités : l’attaque, la défense et les coups spéciaux. Votre personnage va devoir répondre de manière logique aux coups de l’assaillant. Si ce dernier vous envoie une attaque vous devez avoir pour réflexe d’utiliser la commande défense pour lui infliger des dégâts .Le duel se fait dans cette optique : une des trois commandes prend le dessus sur l’autre et est vulnérable à la troisième. Noté que si vous choisissez la même option que l’adversaire, une jauge de force apparaît, dès lors vous devez appuyer comme un bourrin sur la touche carré pour l’emporter, le timing étant parfois serré, il est bon d’anticiper le choix de l’adversaire en fonction de son cri ou de la phrase qui s’affiche avant l’activation de la commande.


Le troisième et dernier système de jeu est peut être le plus intéressant : la guerre. A certains moments du jeu, des armées s’affrontent et vous devez mener à bien ces combats en dirigeant  vos troupes. Vous déplacez vos armées (maritime ou terrestre) à votre guise et ainsi observer ce qui se passe chez les ennemis pour anticiper certaines actions. Une fois qu’une de vos unités entre en contact avec une unité adverse un système « triangulaire » apparaît à nouveau. Il y’a trois types d’armées terrestres : les cavaliers, les fantassins et les archers (ou archers runiques). Les Infanteries sont plus puissants que les cavaliers qui eux, prennent le dessus sur les archers et inversement. Il en va de même pour les unités navales (avec les navires de combats, les navires béliers et les navires d’archers). Bien que vous serez parfois amenés à faire des choix suicidaires (envoyez des archers contre des cavaliers par exemple) ces actes peuvent tourner à votre avantage si vous vous êtes bien préparés. Avant le combat un tableau apparaît vous permettant de placer des commandants à la tête de chaque unité. Ces commandants peuvent avoir des capacités destructrices (comme les runes). Certaines de ces runes peuvent décimer toute une unité adverse en un rien de temps (ce qui vous facilitera grandement la tâche). Les premières fois, ce système de guerre peut déstabiliser le joueur, cependant on s’y habitue très vite, si bien que la guerre devient une partie de plaisir.

Is this the end ? 11, c’est le nombre de fins que propose ce Suikoden. Elles dépendent de vos actions, scores et choix durant tout le jeu. Ainsi vous pouvez obtenir une « bad ending » au bout d’une vingtaine d’heures en sombrant du côté obscur ou finir l’aventure et obtenir une fin classique en conséquence. Mais est-ce une raison pour recommencer le jeu ? Pas vraiment vue la qualité douteuse des fins. Seules les deux fins que l’on obtient à la suite de la quête des 108 étoiles valent vraiment le coup, et encore… Dommage vue la qualité scénaristique qu’offre le soft. .


Un joli casting de protagonistes

Le début d’une grande aventure
Quand on parle de Suikoden, on ne peut s’empêcher de songer au casting impressionnant de personnages que propose la série. Vous pouvez donc disposer au final de 108 personnages (appelés Etoiles) pour gonfler vos rangs. Sans conteste le point fort du jeu, sachant que tous les personnages ont leur propre psychologie, un but précis et sont globalement tous assez travaillés (certains plus que d’autres évidemment). Quelques unes de ces étoiles sont obligatoires pour l’aventure, mais la plupart sont optionnelles et vous demanderont de résoudre une petite quête avant de vous rejoindre.
Certaines de ces quêtes se révèlent même fort intéressantes,  apportant un plus au background déjà conséquent du jeu, ainsi que sont lot de mystères qui restent en suspens (l’exemple le plus frappant est la quête d’Eresh, où vous ne savez pas où vous êtes ni qui vous combattez).
Vous avez alors la possibilité de former votre petite équipe de tueurs selon vos goûts et préférences.


Un superbe scénario et un univers vaste, très vaste

Remarquez l'expression d'embarras du Prince. Oui, devant la multitude de réponse proposé on le comprend
On sait dès le départ que Faléna est un grand royaume, la map est donc immense. Chaque ville possède sa spécificité et les donjons sont nombreux. Hormis les humains, vos aurez l’occasion de croiser nains et castors durant votre périple.  Au final le Background est cohérent et intelligent, notamment avec des références aux précédents opus. Certaines étoiles font également leur come-back dans cet épisode (Georg, Jeanne, Viki etc…). Plusieurs moyens de locomotion sont mis à votre disposition (navire, téléportation…) pour vous faciliter votre exploration de Faléna. Le système de « château » est de retour. Après plusieurs heures de jeu, vous posséderez votre propre bastion réunissant vos Etoiles et alliés. Vous pouvez également vous la jouer ménagère en apportant certains plus au décor (fleur, tableau mais rien de vraiment utile).
Le scénario, dont les prémices sont déjà racontées plus haut, s’étoffe au fur et à mesure du jeu. Sans pour autant nous mettre des claques inoubliables (au bout de 10 heures de jeu ont est fixé sur l’identité de l’ennemi à abattre) il reste très bon, frais et agréable.


Dès le départ, Suikoden V était réservé aux connaisseurs de par sa réalisation parfois douteuse. Des graphismes fades, des chargements accablants et un départ lent, il faut cependant aller plus loin pour voir un grand jeu, un jeu qui peut aussi plaire au grand public, avec un scénario construit, un univers cohérent et des personnages attachants. Le tout pour 30 deniers (et en neuf qui plus est), ce serait dommage de s’en priver.