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Trading-Card

Bande son : 15
Meguro possède un style particulier qui peut se révéler répétitif mais les musiques sont généralement de qualité. L’ambiance qu’elles instaurent correspond parfaitement à la Junkyard. Les thèmes de combat sont très entraînants et dynamiques et donnent envie de combattre. Enfin mention spéciale aux doubleurs qui sont parfaits, il n’y a pas d’autres mots.

Graphismes : 14
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont en dents de scie. D’un côté, on a des personnages moyennement modélisés, des décors parfois moches, des donjons travaillés mais répétitifs, des décors vides… De l’autre, on a des décors parfois très beaux, de bonnes animations et des scènes cinématiques excellentes. De plus le design est superbe.

Durée de vie : 13
30 heures, c’est court pour un RPG. Le néant des quêtes annexes ne joue pas réellement en sa faveur. Seuls les boss cachés et le New Game + peuvent rallonger le jeu.

Scénario : 17
Je me suis forcé à mettre cette note, basse selon moi pour un jeu de cette trempe. En effet, le jeu dispose d’un background de folie, d’un univers somptueux, de vrais personnages à la psychologie poussée et humaine, d’un scénario où les mystères affluent et où on sent que cela va donner un truc énorme…Oui mais voilà le problème, les questions que l’on se pose ne trouveront des réponses que dans le 2… Mais pour avoir avancé dans celui-ci, je vous assure que c’est vraiment hallucinant. Les Digital Devil Saga peuvent ainsi se targuer de former un des meilleurs scénarios de ces dernières années.

Gameplay : 17
Que du bonheur. Un système de combat au tour par tour très intéressant grâce au système de faiblesse et une grille des Mantras qui permet de diriger parfaitement les skills de son personnage et ainsi de jouer sur la complémentarité des rôles. Ces 2 éléments forment un gameplay recherché et fun. Malheureusement les immenses donjons et la difficulté peuvent rebuter certaines personnes. Ce n’est, en aucun cas, un RPG pour débutants.

GENERAL : 15
Shin Megami Tensei : Digital Devil Saga est un bon jeu mais typé. Destiné à un public averti de par la caractérisation de son univers, de sa non-traduction (Je précise bien qu’il est en anglais), de ses graphismes et de son gameplay, il rebutera de nombreuses personnes. Les autres découvriront un univers passionnant, un vrai travail sur le scénario et les personnages ainsi que des combats originaux et uniques. Enfin un jeu qui assume ses choix violents pour permettre d’autres expériences de jeux loin des trolls, des elfes et des nains.


Note des lecteurs : 16.9
Note :
Test : Shin Megami Tensei : Digital Devil Saga
Développeur : Atlus
Editeur : Ghostlight
Date de sortie : 12/10/06
Date de test : 15/09/07
Plate-forme : PS2
Genre : RPG
Testeur : Alucard
Commentaires (1)

La série des Megami Tensei est une grande inconnue dans nos contrées. Ayant débuté en 1987 sur Nes, elle avait (et a toujours) le mérite de changer agréablement de la fantasy et de ses univers vus et revus des dizaines de fois. En effet, les Megami Tensei proposent souvent des mondes contemporains où les démons, les rituels sataniques et l’Apocalypse se mêlent pour créer un univers glauque et bien particulier.
Forte d’innombrables spin-off (Des jeux dérivés de la série principale) comme la série des Persona ou Devil Summoner, nous avons eu la chance de voir arriver chez nous en juin 2005 le 3ème épisode de la série principale : Shin Megami Tensei : Lucifer’s Call. Traduit en français, cet épisode est un excellent jeu de par son ambiance et la profondeur de son système de combat.
Aujourd’hui, c’est une autre série de spin-off qui nous intéresse : Les 2 Digital Devil Saga ou Avatar Tuners en japonais. Ce diptyque a débarqué en été 2004 au Japon ! Autant dire que l’on n’osait plus croire à sa sortie chez nous !
Alors qu’en est-il au sujet de la qualité de ce premier épisode ? Plongez avec moi dans les méandres humides de la Junkyard pour le découvrir.

Une décharge d’humains

La Junkyard en une image représentant le superbe temple Karma.
Petite note avant de commencer : Bien que Lucifer’s Call fut traduit, les deux Digital Devil Saga sont en anglais intégral hormis le manuel qui est en français. Attention donc de ne pas vous faire avoir car ce n’est pas marqué sur la boîte du 1 !!


L’histoire prend place dans un monde mystérieux nommé la Junkyard (Décharge). Le soleil n’existe pas, des ruines d’une ancienne civilisation parsèment le sol et la pluie y’est constante. Cette pluie proviendrait des âmes des défunts purifiés dans les cieux et retombant sur terre. Et des défunts, il y’en a beaucoup car une terrible guerre a lieu.

En effet, les habitants de la Junkyard sont rassemblés en 6 tribus : Les Embryons, les Vanguards, Les Maribels, les Solids, Les Wolves et les Brutes. Elles obéissent aux ordres du bâtiment au centre de ce monde : Le Karma Temple. Une loi fut instaurée afin de régir ce monde. Elle dit que pour accéder au Nirvana, le paradis suprême, les tribus doivent s’entretuer afin qu’il n’en reste plus qu’une qui pourra accéder au Nirvana. Bref, un monde où il ne fait pas bon vivre. Mais le plus étrange, c’est que ces guerriers agissent comme des robots, sans émotion, et ne connaissent même pas la nature de ce monde et de leur existence.

Vous incarnez Serph, le leader des Embryons. L’histoire débute lors d’un affrontement entre les Embryons et les Vanguards. Toutefois, quelque chose ne va pas. Un mystérieux œuf se trouve au centre du champ de bataille. Au moment où l’assaut est lancé, un rayon de lumière jaillit du ciel et frappe l’œuf qui explose. De cet œuf sort d’innombrables rayons lumineux qui vont frapper chaque habitant de la Junkyard.
Là, l’incroyable se produit. Chaque humain se met à se transformer en démon sanguinaire se mettent à dévorer les autres et la bataille vire à la boucherie.

Lorsque Serph et ses alliés (Je les présenterais plus tard) se réveillent, il n’y a plus personne autour et ils ne possèdent aucun souvenir de la bataille à part un tatouage étrange sur leur corps. Toutefois, à l’endroit où l’œuf se trouvait, ils découvrent une jeune fille nue et baignée de lumière qui se nomme Sera. Mais le plus étrange, c’est sa couleur de cheveux. Elle est brune or personne n’est brun dans la Junkyard. Ils décident d’emmener Sera à leur quartier général.

Peu après, ils reçoivent un nouvel ordre du temple Karma. Pour accéder au Nirvana, il ne faut plus seulement tuer les leaders des autres Tribus mais ramener Sera au temple. On leur apprend également que le tatouage qu’ils possèdent est un signe de leur pouvoir Atma : Le pouvoir du démon. Désormais, ils peuvent se transformer en démon et sont obligés de s’entredévorer afin d’espérer survivre !

Fort heureusement, ils découvrent que Sera dispose de pouvoirs étranges qu’elle-même n’explique pas. Sera peut chanter, chose inconnue pour eux, et calmer la faim de ceux qui l’écoutent. Mais Serph et son équipe découvrent également leur humanité enfouie au fond d’eux. Ils découvrent des mots comme « larmes » ou « camarade » et même des émotions comme le chagrin ou l’amour.
Quel paradoxe ! En devenant cannibales, ils deviennent plus humains !

S’interrogeant sur le sens de leur pouvoir et de leur existence, les Embryons sont bien décidés à trouver la vérité à propos de Sera et de la Junkyard en accédant au Nirvana via leur nouveau pouvoir.

Voilà pour les 2 premières heures du scénario de Digital Devil Saga. Un scénario mature où le sang et les morts abondent. C’est rare de voir un RPG allant au bout de sa démarche adulte. Il faut aussi signaler l’ambiance qui est géniale ! La Junkyard est froide, sans vie, triste mais terriblement immersive. La loi de ce monde est résumée par le premier boss : Manger ou être mangé. Comment réagiriez-vous si vous deveniez un démon et que vous seriez amené à manger tout le monde pour votre survie ?

Ainsi, aucun autre leader de tribus ne peut être considéré comme « méchant ». Bien que certains puissent être des ordures, ils sont unis par une même volonté : Quitter cet enfer et rejoindre un vrai paradis ! Rien n’est blanc, rien n’est noir, tout est gris.

L’architecture de la Junkyard est un mélange de technologie et d’inspiration indienne. D’ailleurs la plupart des termes du jeu proviennent de l’ancienne religion bouddhiste. En résulte un monde vraiment nouveau et qui se révèle passionnant au fur et à mesure de votre exploration. D’ailleurs certains lieux que vous visiterez vous étonneront franchement par leur beauté ou leur mystère.

Toutefois, il faut que je révèle d’entrée un défaut du jeu : Ce n’est que le premier épisode sur deux. Par conséquent, le scénario en garde beaucoup sous le coude et au final, on se pose plus de questions que l’on a de réponses. Les rebondissements sont au compte-gouttes et au moment où cela s’accélère vraiment, c’est la fin. D’ailleurs, j’ai fini le jeu il y’a quelques heures de l’écriture de ce test et la scène finale est horrible tellement elle vous met sur les fesses. Bref le deuxième épisode promet d’être grandiose niveau scénaristique mais ce n’est pas une raison pour négliger le premier.
En effet, vous louperez pas mal de choses et surtout une évolution psychologique des personnes qui est fabuleuse.


Des personnages consistants et attachants

Heat, un excellent personnage qui se révélera instable et dangereux…
Ce serait une insulte envers le jeu si je ne disais rien sur ses personnages très travaillés et disposant d’un charac-design superbe. A ce propos, il ne ravira pas tout le monde surtout concernant les démons mais je le trouve vraiment extrêmement bons. A la fin de ce test, se trouveront les artworks des personnages ainsi que leur démon dans leur ordre de présentation. Ce serait bête d’en parler si on ne voit pas leur apparence !


Serph : Le héros de l’histoire. Serph est le leader de la tribu des Embryons. Celle-ci n’est pas la plus puissante ni la plus nombreuse mais les talents de Serph l’ont amené à se faire prendre au sérieux. Bien que disposant d’un bon charisme, Serph est un héros muet. Ainsi, vous pouvez lui faire faire des choix à certains moments du jeu mais ce sont les seuls moments où il s’exprimera. On ne s’attache pas réellement à lui mais il reste un bon personnage principal et semble être très important pour des raisons que je tairais…

Sera : Apparue lors de l’incident ayant transformé tout le monde en démon, Sera ne se souvient pas d’où elle vient ni de l’origine de ses pouvoirs. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle est là pour aider. Grâce à sa chanson, elle peut calmer la faim des démons et les éviter de se dévorer. Sera joue un grand rôle dans l’histoire et toute l’équipe de Serph semble l’avoir déjà vu et la connaître. D’ailleurs, elle semble nourrir de grands sentiments à l’égard de Serph au détriment d’Heat qui affichera un énorme attachement pour elle.

Heat : Le fidèle second de Serph. Doté d’un tempérament très élevé, il est celui qui s’accommode le plus facilement de sa condition démoniaque. Cela ne lui pose aucun problème de manger ses ennemis et il s’en réjouit même. Malgré cela, il deviendra le plus fervent protecteur de Sera et nourrira une jalousie dévorante envers Serph…

Argilla : A l’origine, c’est la tireuse d’élite de l’équipe. Lorsque qu’elle devient un démon, elle se refuse d’abord à dévorer les autres et se répugne. Mais elle finit par accepter afin de survivre et de se libérer de cette malédiction. Sans doute celle qui développe le plus d’émotions au fil du jeu. Elle est protectrice, mature et découvrira la première le sens du mot : Ami.

Gale : Mon préféré ! Gale est le tacticien des Embryons. Pragmatique, réfléchi, calculateur, logique, froid, Gale est l’exemple même de l’homme sans émotions vivant dans la Junkyard. Toutefois, malgré l’apparition de son pouvoir Atma, son humanité ne semble pas revenir. Il ne comprend pas les émotions des autres qui guident leurs actes de manière illogique pour lui. Mais est-on sûr qu’il n’a pas changé ou ne le montre t-il pas ? Sa phrase culte est : I do not comprehend.

Cielo : Cielo, c’est le petit rigolo de la bande. Il n’a pas vraiment un grand rôle dans cet épisode à part de détendre l’atmosphère par sa façon de parler qui rappelle les banlieues anglais. Il s’en fiche un peu d’être un démon et n’est souvent là que pour détendre l’atmosphère.
[EDIT de votre serviteur qui a fini DDS 2 : Il joue toujours un faible rôle mais possède ses moments de gloire.]


Bien, maintenant, parlons des leaders des autres tribus.

Harley : Leader des Vanguards, la tribu en opposition directe aux Embryons. C’était avec eux que ceux-ci se battaient lorsque l’œuf explosa et que le massacre commença. Harley ne va pas du tout accepter sa condition de démon et aura un sentiment très humain devant cette nouvelle situation : La peur. Mais il comprendra et résumera ce monde par une loi unique : Manger ou être mangé.

Jinana : Leader des Maribels qui est en opposition avec les Solids. C’est une femme forte et déterminée qui finira par regarder ce monde avec mélancolie en se disant que Dieu les a tous maudits. Son second, Bat, est une ordure de la pire espèce comme vous le constaterez à vos dépends.

Mick : Leader des Solids, Mick est surnommé The Slug (La limace) au vu de sa stature…imposante. Loin d’être idiot, il est dangereux et puissant. Il est prêt à tous les coups bas pour rejoindre le Nirvana.

Lupa : Leader des Wolves, une tribu de combattants fiers et dotés d’un grand sens de l’honneur. Son design rappelle des inspirations amérindiennes. Les Wolves sont l’une des tribus les plus puissantes de la Junkyard en concurrence avec les Brutes. Combattant d’exception et allié potentiel pour les Embryons, Lupa va commencer à faire des rêves qui n’ont rien à voir avec la Junkyard…

Varin Omega : Leader des Brutes, la tribu la plus puissante de la Junkyard dont les méthodes rappellent celles des grands commandos militaires. Varin est celui qui en sait le plus sur la Junkyard et semble connaître le groupe de Serph ainsi que Sera. Il semble avoir des souvenirs qui ne devraient plus lui appartenir…Votre rencontre avec cet homme soulèvera de nombreuses questions dans votre esprit et ne trouveront des réponses que dans DDS 2.

Un énorme background basé sur l’Inde.

Digital Devil Saga est entièrement basé sur la mythologie bouddhiste. Que ce soit dans le nom des ennemis, des démons de vos personnages, des objets, de l’histoire, tout est une référence. Je me permets de faire de la publicité pour le dernier Background qui a consacré un dossier sur ces références. On se rend compte ainsi du boulot incroyable de documentation et d’ingéniosité des développeurs. Au passage, l’image accompagnant cet encadré est la représentation hindoue du boss final du jeu. Pas de spoil, je ne révèle pas le design de ce boss et la personne à qui appartient cet Atma.


Un gameplay démoniaque

Les combats sont dynamiques, profonds et restent dans un état d’esprit violent.
Maintenant que l’univers du jeu est posé, attaquons nous au gameplay du jeu qui est tout aussi cannibale.

Tout d’abord, parlons des donjons du jeu. Autant vous prévenir, ils sont longs, ils sont complexes et la fréquence des combats aléatoires est élevée.
Longs, car ils durent en moyenne 2 heures et le dernier m’a carrément pris 5 heures en fouillant bien. En plus, les sauvegardes peuvent être bien espacées mais sont toujours placées à bon escient.
Complexes, car la carte sera votre meilleure amie dans ce jeu. Des couloirs à perte de vue, des pièges, des téléporteurs, des escaliers partout, pleins d’étages etc…Bref, sachez vous repérer.
Enfin pour la fréquence des combats, pour vous donner une idée, cela peut aller de la dizaine de secondes sans combats au « 1 pas = 1 combat ». Donc là encore, il faut aimer surtout que les affrontements sont difficiles mais j’y reviendrai.

Mais avec ça, vous devez vous dire : « C’est un jeu de gros nul ça ! ». Non, je vous arrête, ce jeu est typé. Les débutants au RPG ne sont franchement pas les bienvenus tant le tout peut les repousser.
Mais passons au point franchement positif des donjons : Leur originalité. C’est simple, chaque donjon a une particularité ! Ainsi on peut passer d’un conte de fées interactif (Si, si !), à un mécanisme particulier de pièges ou alors une maison changeant de forme. Des choses simples mais nous faisant apprécier ce jeu qui se démarque des autres.

Maintenant, les combats ! Tâche difficile à expliquer car le jeu est plutôt bien fourni de ce côté. Donc, vous vous êtes fait attaqué lâchement par une horde de démons, à vous de les transformer en bons petits plats.

Les combats se déroulent au tour par tour. Vous disposez de trois personnages transformés en démons et possédant chacun un tour. Vous pouvez voir le nombre de tous qu’il vous reste en haut à droite de l’écran. Vous pouvez attaquer, utiliser des compétences, des magies, fuir (Qui ne marche pas tout le temps…) ou passer votre tour. Une notion importante car si vous passez votre tour, celui-ci clignote sur la jauge en haut à droite. Le tour n’est donc pas perdu, vous le donnez juste à un autre personnage. Toutefois, si vous passez encore votre tour, celui-ci est perdu pour de bon. A vous de bien utiliser cette fonction pour, par exemple, vous soigner juste avant que l’adversaire ne vous achève.

Mais ce qui fait la grande profondeur des combats de DDS, c’est son système de Press Turns. Vous devez savoir que chaque démon (Vous ou vos ennemis) possède un point faible correspondant à un élément. Si vous faites une attaque de cet élément sur cet ennemi, non seulement il aura plus de dommages mais vous gagnerez un tour ! En effet, votre jauge clignotera comme si vous avez passé un tour ! Les combats sont ainsi dynamiques et ne souffrent pas de temps morts. De plus un mode Automatique permet d’abréger les combats contre des ennemis trop faibles.

Pour gagner, vous devez donc connaître votre ennemi. Mais comme je le disais, vos personnages sont aussi soumis à cette règle. Serph est sensible au feu, vous rencontrez un boss qui lance de grosses attaques de feu, vous vous en prenez une, puis deux puis Game Over, puis vous écrasez le jeu, le brûlez car vous n’avez pas sauvegardé pendant 3 heures etc…(Avouez que vous avez connu cette situation pour un jeu au moins !)

Mais chaque démon est aussi résistant à un élément et parfois certains ennemis annulent ou absorbent en HP ces attaques ! Si cela arrive, vous perdez 2 voir tous vos tours ! Heureusement, des sorts permettant de faire de même avec vos persos existent. Enfin, si vous loupez un ennemi, c’est 2 tours qui s’envolent également.

Etre préparé à résister et combler ses lacunes est une priorité dans ce jeu et votre évolution dans les Mantras est primordiale. Kezaco les Mantras ? C’est le sujet du prochain paragraphe mais je n’ai pas fini de parler des possibilités du jeu.

Si vous êtes pris par surprise, vos personnages commenceront le combat sans avoir eu le temps de se transformer ! En humains, vos combattants utilisent des armes à feu. Bien que certains ennemis soient sensibles à ces armes, cette forme humaine est très faible et vous possédez une défense assez basse tout en étant dénué de vos compétences démoniaques. Plus de sorts de soin, de magies etc…
Heureusement, vous pouvez vous retransformer mais cela vous coûte un tour par personnage.
Vous trouverez aussi des balles spéciales lors de vos explorations afin de rendre les armes plus puissantes.

Vous pouvez aussi faire des combos. Ces combos s’obtiennent en ayant des combinaisons de compétences spéciales sur l’équipe. Par exemple, un en humain, un possédant tel sort et l’autre tel sort. Ces combos, bien qu’utiles au début du jeu restent limités car ils coûtent un tour par perso utilisé ! Toutefois, en de rares occasions,  j’admet qu’ils vous sauveront la mise surtout dans les cas où vous êtes pris par surprise. En plus, ils sont assez réussis visuellement.

Enfin, je le redis, le jeu est difficile ! Moins que Lucifer’s Call, car il n’y a pas Game Over si le héros meurt, mais quand même bien dur ! Certaines altérations d’état que les ennemis vous infligent sont abominables. Un perso confus ou qui loupe son attaque et c’est votre vie qui peut être en jeu. Les retournements de situations sont nombreux et de dominant, on passe vite à dominé. Pensez donc ! Il existe des sorts de mort instantanée pouvant toucher l’équipe entière. Si vous n’avez pas de bol et que chaque perso succombe, Game Over.
De même, vers la fin du jeu, vous ferez la rencontre de mon attaque préférée. (C’est ironique évidemment). Elle fut nommée amoureusement « Gates of Hell »  (Portes de l’Enfer) et inflige non seulement des dégâts à tout le monde mais peut également vous transformer en pierre. Si toute l’équipe est pétrifiée, Game Over. Après 2 heures de jeu, cela fait mal, très mal…C’est du vécu, je vous assure…

A la fin de chaque combat, les personnages ayant participé au combat gagnent du Karma (L’équivalent des points d’expériences), des Macca (La monnaie du jeu avec laquelle vous pourrez acheter objets, munitions et Mantras) et des AP. Que sont les AP ? Et bien pour le savoir, passons à l’excellent système de Mantras !


Un contrôle total sur l’évolution de Serph A chaque montée de niveau, vous pourrez ajouter 3 points dans les caractéristiques de Serph : Force, Agilité (Pour les esquives), Magie, Vitalité (Pour les HP) et Chance (Moins de coups critiques et de sensibilité aux sorts de mort par exemple). Ceci permet de définir l’orientation de Serph : Guerrier, magicien, soigneur…Par contre, les points des autres personnages sont répartis automatiquement.


Tu mantras ou tu descendras ?

La grille des Mantras vue dans son intégralité. Si vous voulez toutes les avoir, y’a du boulot.
Oui, ayez pitié de cet humour pathétique…Le système de Mantras permet d’orienter l’évolution de vos personnages via l’apprentissage de skills (Compétences).

En accédant à un Karma Terminal, endroit où vous pouvez aussi sauvegarder d’ailleurs, vous pourrez télécharger des Mantras payantes sur une grille géante.
Une Mantra est en quelque sorte un regroupement de compétences. Sur une Mantra, vous aurez en moyenne 3 ou 4 skills. Les Mantras sont réparties par ligne regroupant chacune un type de compétences : Chasse, Physique, Magies élémentales, protection, boost, soins etc…
Mais acheter une Mantra ne suffit pas à posséder les compétences dessus.

C’est là qu’interviennent les Atma Points ou AP. Chaque Mantra nécessite un certain d’AP avant d’être maîtrisée. Une fois cela fait, votre personnage apprend les skills de la Mantra. Bien entendu, plus la Mantra contient des skills puissants, plus celle-ci coûte cher et nécessite des AP. D’ailleurs, un barème de difficulté sous forme d’étoiles est indiqué sous les Mantras.

Le problème, c’est qu’à la fin de chaque combat, vous ne gagnez que peu d’AP. La meilleure façon d’en récolter…c’est de manger vos ennemis !
En effet, des skills dits de chasse (Hunt) peuvent être appris via la grille des Mantras. Ces skills permettent de dévorer vos adversaires mais ce, dans certaines conditions.

Tout d’abord, vous devez vaincre l’adversaire avec ce skill pour le dévorer. Ensuite, vous devez faire attention à ne pas trop manger d’ennemis sinon vous aurez un mauvais statut ennuyeux : Les maux d’estomac (!) Votre personnage ne peut plus bouger, plus gagner d’AP, bref la poisse.

Il existe un moyen simple de dévorer son ennemi : L’effrayer. J’ai dit que si vous touchez un ennemi grâce à son point faible, vous gagnez un tour. Or, il y’a des chances pour qu’il soit également effrayé. Si l’ennemi est effrayé, vos skills de chasse infligent alors beaucoup plus de dégâts, généralement de quoi le dévorer en un coup ! Profitez-en car le tour suivant, l’adversaire redevient normal.

Enfin, si vous avez du mal à apprendre une Mantra difficile, essayez les Field Hunt. Il y’a un Field Hunt par donjon. Lorsque vous y pénétrez, on vous dira que des démons faibles rôdent autour.
Si vous démarrez la chasse, Serph se transforme en démon et vous le contrôlez. Des petites sphères violettes apparaissent alors devant vous. Vous avez un temps limité pour détruire ces sphères pour que des Mitamas apparaissent. Si vous engagez un combat contre ces Mitamas, vous pourrez les affronter.
L’avantage ? Si vous dévorez une Mitama, vous gagnerez énormément d’AP.

Attention cependant, les Mitamas ne sont sensibles qu’à un élément en particulier et vous devrez donc les effrayer pour espérer en dévorer une. De plus, si les Mitamas commencent à mal sentir le combat, elles prennent la fuite ! Et là, vous ne pourrez plus recommencer le Field Hunt avant quelques cycles de Solar Noise.

Ah, j’oubliais mais c’est anecdotique. Le Solar Noise, c’est ce que vous pouvez voir en haut à gauche de l’écran. Lorsque vous marchez, le Solar Noise entame un cycle allant de MIN à MAX et redescend ensuite. Le Solar Noise influe légèrement sur les combats mais surtout sur les prix de revente d’objets très rares : Les Cells !
Une petite astuce donc, revendez vos Cells lors d’un MAX Solar Noise pour vous faire plus de Maccas.
A noter qu’il n’y a pas de soleil dans la Junkyard, alors pourquoi un Solar Noise ? C’est le genre de questions dont vous trouverez la réponse dans DDS 2.

Enfin dernier détail, des Mantras secrètes peuvent se débloquer sous certaines conditions comme battre un boss caché ou maîtriser plusieurs Mantras existantes, compléter une ligne etc…Bien évidemment, leurs compétences sont surpuissantes pour certaines !


Il ne faut pas juger sur l’apparence

Les scènes cinématiques sont vraiment d’une grande classe visuelle.
Digital Devil Saga, c’est un peu la fille dont vous êtes fou amoureux alors que tous les autres la trouvent moche. Vous, vous l’aimez, vous trouvez qu’elle est très belle mais vous comprenez quand même que les autres peuvent fuir. Elle n’est pas vraiment canon, elle a des imperfections, mais vous lui dites quand même : Je t’aime.

Passé cette comparaison romantique, j’aborde le sujet délicat des graphismes…
Ceux-ci diffèrent selon les moments et du sujet que l’on parle. Ainsi les personnages sont modélisés un peu à la serpe pendant les phases de jeu et de combat mais restent détaillés et bien animés. On note aussi un aliasing (Effet d’escalier) assez présents lors de ces phases.  Les effets spéciaux restent bien rendus mais ne sont pas extrêmement spectaculaires. Niveau technique, les chargements sont rapides et les menus s’affichent rapidement. Du bon boulot là-dessus.

Les décors…Il y’en a des très beaux (Le temple Karma vu de loin est superbe) et des moches (Les égouts). En effet, dans les donjons, le level design est souvent très bon comme au Coordinate 136 qui possède une inspiration très européenne en directe opposition à cette ambiance indienne des autres donjons. Malheureusement les textures restent très répétitives. Des couloirs peuvent se répéter nombres de fois au point que l’on se demande si l’on n’est pas déjà passé par là. Et comme ils peuvent durer longtemps, on peut être lassé visuellement d’errer dans ces dédales géants.
Pour ne rien arranger, les aires de combats sont souvent vides et pauvres…

Mais les graphismes peuvent se révéler tout bonnement excellents malgré leur âge. (Rappelons que le jeu date de 2004 au Japon) Les scènes cinématiques sont excellentes. Détaillées, fines, bien animées, disposant d’un rendu évoquant les films d’animation...Bref elles flattent la rétine. De plus, le design est, je le répète, unique, spécial mais vraiment agréable et cela ressort d’autant plus dans ces scènes.
Les expressions faciales sont extrêmement réussies. Ainsi les personnages gagnent en émotions et en charisme. L’Emotion Engine mérite donc son nom ici.


Shoji Meguro dans ses grandes œuvres

L'ambiance des combats rend parfaitement hommage à leur dynamisme.
Shoji Meguro, le compositeur de la saga, a accompli un excellent travail ici. J’avais beaucoup aimé les OST de Lucifer’s Call et Persona 3. En effet, le bougre mélange divers styles de musiques et peut passer du jazz au hip-hop en passant par le rock. De plus ses thèmes de combat sont tout simplement ravageurs.

Ici, la Junkyard méritait une ambiance spéciale. Les musiques calmes, très souvent à la guitare,  dégagent une certaine mélancolie et une tristesse propre à ce lieu. Certaines musiques se démarquent particulièrement comme les thèmes des territoires des tribus, les musiques des combats surtout celle du combat final, géniale, et le thème principale : La chanson de Sera : Pray. Une prière lancée aux cieux qui est magnifique.
Les thèmes de piano sont également superbes et subliment la tristesse de certaines scènes.

Passons au point négatif. Malgré leur écoute agréable, certains thèmes peuvent être énervants. En effet, passer 2 heures dans un donjon avec le thème se répétant en boucle est frustrant. La répétitivité du style de Meguro est donc préjudiciable.

Enfin, je fais un énorme hommage, un grand merci, un salut énergique aux doubleurs américains. Ceux-ci sont PARFAITS !!! Vraiment j’ai rarement entendu un doublage aussi bon. JAMAIS une voix ne paraît pas adaptée au personnage, JAMAIS le texte n’est lu sans que le ton ne soit pas accord. Bref, ils font vivre les scènes. Merci à eux ! Il me semble d’ailleurs que ce sont des grands doubleurs des animés en Amérique. Vraiment quand les développeurs se donnent les moyens d’avoir un bon doublage, cela se voit.

Une rétrocompatibilité avec le 2 ! Chose rare, vous pouvez débloquer pas mal de choses en conservant votre sauvegarde du 1 pour le deuxième épisode. Ainsi selon votre argent à la fin du 1, vous pourrez démarrer le 2 avec un petit bonus. De plus, si vous battez les boss cachés, vous obtiendrez des Karma Rings (Anneaux boostant les stats et principale nouveauté du 2) spéciaux. Enfin, selon vous réponses à certains moments de cet épisode, un personnage caché pourra être débloqué dans le 2.


Ah ? La pluie s’est déjà arrêtée ?

Dévorer tout le monde ne prendra pas énormément de temps…
Le jeu est court, trop court. Cela s’explique surtout par le fait qu’il soit divisé en 2 volets. Mais votre aventure dans la Junkyard ne vous prendra au maximum que 30 heures. Il m’a fallu 33 heures pour boucler le jeu en passant du temps à me booster pour battre les boss cachés qui débloquent des Mantras bonus.

Les quêtes annexes se résument à parcourir quelques donjons supplémentaires et de battre ces boss cachés. Peu de variété donc. A noter la présence d’un New Game + vous permettant de démarrer la partie avec tous vos skills et Mantras que vous avez acquis. Cela ne sera pas de trop pour espérer battre celui que l’on surnomme : « Le boss le plus dur de l’histoire du RPG » est qui n’est accessible que lors de cette seconde partie.


Digital Devil Saga n’est pas accessible au premier venu. Ce jeu est exigeant, parfois frustrant mais en échange il procure des moments de pur bonheur. L’univers travaillé et le scénario génial (Surtout le 2…Les secrets que vous apprenez, c’est de la folie) nous immergent complètement et l’addiction ne cesse que lorsque le jeu se termine (trop tôt). Le système de Mantras est profond et permet de guider réellement l’évolution du personnage dans ses skills. Quand aux combats, ils demandent plus un bon cerveau qu’un bon niveau et ça, c’est vraiment génial. Si vous voulez changer d’univers, que vous aimez les jeux originaux et que vous comprenez un tant soit peu l’anglais, jetez-vous dessus. Sinon passez votre chemin.