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Bande son : 19
Symphonie musicale, orchestrée avec talent, la bande-son est fascinante et parvient à créer l'osmose entre le joueur et l'oeuvre.
Entre les bruitages émouvants, saisissants de réalisme puis les morceaux joués au piano et ceux qui offrent des envolées lyriques et épiques somptueuses, accompagnant le joueur jusqu'à le faire frissonner de plaisir, le travail musical est monumental et reste gravé dans les mémoires.
Graphismes : 18
SOTC est un enchantement de chaque instant, beau à se damner, il n'en reste pas moins techniquement limité aux aléas de la Playstation 2. En resulte des chutes de framerate très fréquentes et l'apparition de nombreux bugs de collision. Mais qu'importe, son esthétisme touche la perfection en mélant mysticisme et poésie. Les colosses sont d'ailleurs une réussite incontestable, dont l'aspect organique et divin imposent le respect.
Durée de vie : 14
Une dizaines d'heures de jeu à peine suffiront pour en voir le bout. C'est peu et ce, même si un mode time-trial peut être débloqué en finissant l'aventure. Mais le plaisir de revenir arpenter les plaines ou d'aller affronter un colosse reste toujours aussi palpable et prenant.
Scénario : 18
Si le scénario peut paraitre léger voir inexistant, il n'en est rien. En effet, l'émotion que procure la mise en scène et la portée des sentiments de Wanda restent sans égal. On ne se contente pas de regarder, on vit chaque moments passés avec le jeune guerrier. L'histoire du jeu est au final celle du joueur qui la partage avec le héros.
Gameplay : 18
Il se compose en deux phases : la première étant la chevauché jusqu'au colosse, puis la seconde l'affrontement contre le titan. Accessible, efficace, le gameplay de Shadow of the Colossus parvient à faire l'impensable en nous faisant ressentir la faiblesse de Wanda face à la puissance de l'entité divine avec une efficacité redoutable. Seuls les problèmes de caméras viendront ternir un tableau pourtant si idyllique.
GENERAL : 19
Shadow of the Colossus est un livre ouvert aux sens humains.
Magistrale, poétique, l'oeuvre se vit plus qu'elle ne se raconte, n'est perceptible que par la subjectivité de celui qui la parcoure et qui retiendra son souffle pour chaque moment passé à se dire qu'il ne vit pas une expérience comme les autres. Une expérience qui fait passer le jeu vidéo au statut d'art.
Note des lecteurs : 18.9 |
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Développeur : Sony
Editeur : Sony
Date de sortie : 17 février 2006
Date de test : 3 octobre 2008
Plate-forme : Playstation 2
Genre : Aventure / Action
Testeur : Shiranui
Commentaires (2)
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Souvenez vous, un titre, Ico, sortie en 2002 avait laissé son développeur, Fumito Ueda, faire parler son talent, son génie créatif. En ressort une oeuvre rare, unique, poétique. Aujourd'hui, c'est avec Shadow of the Colossus que Monsieur Ueda frappe une nouvelle fois le monde vidéoludique de plein fouet, innove, transcende pour mieux faire rêver. Préparez vous à vivre un voyage hors normes.
Se sacrifier pour mieux aimer Il reste encore un espoir | Cela fait plusieurs jours et nuits qui se lèvent et s'achèvent dans la douleur pour Wanda, traversant le monde à la recherche de la Terre Oubliée. C'est le coeur en peine, l'âme rongée par le doute que notre jeune guerrier a choisi l'exil, a tout abandonné pour elle, sa muse. Elle qui, les paupières fermées sur un regard désormais vide, a fait ses adieux, trop tôt.
Selon la légende, il existe un endroit, une terre que personne n'ose fouler, où le divin peut reconduire une âme égarée dans son corps. C'est ainsi qu'aux confins de la terre, Wanda, veillant sur le corps inerte de sa bien aimée et Agro, son fidèle destrier, aperçoivent un temple, et au milieu un pont gigantesque, reliant un monde à un autre.
Dormin, divinité reignant en ces lieux, propose un pacte, faire abdiquer 16 colosses pour espérer revoir la lumière de la vie dans ces yeux, à elle.
Le point de non retour est donné, le destin tragique que l'épée de notre jeune héros s'apprête à ébranler n'ora de cesse de marquer l'histoire. Et l'épopée commence.Une beauté poétique Le sentiment d'évasion est palpable | S'agrippant à son cheval, arpentant les plaines arides, Wanda lutte clairement contre une nature plus forte que lui, dont l'immensité et le silence lourd, pesant qui s'en dégage l'écrase complétement, lui rapellant sa faiblesse et la lourdeur de la tache qu'il doit accomplir. Durant le voyage jusqu'au colosse, l'immersion est totale. Il n'y a pas, ou très peu d'interface à l'écran et la musique se fait très discrète. Seul le bruit du vent, d'Agro ou encore des quelques rares espèces animales viendront accompagner votre route. L'animation du héros et de son étalon paraissent tout à fait naturelles et l'on frémit à la vue d'un horizon aussi superbe que dérangeant. Pourtant, derrière des décors vétustes où le temps semble s'être arrété, où la vie parait avoir quitté les lieux se cache une atmosphère poétique. Les divers et nombreux paysages tels que les forêts, déserts, ou encore lacs sont d'une beauté époustouflante, s'inscrivant parfaitement dans cet univers, possédant un cachet tout à fait unique, aux frontières du mysticisme. On reste souvent pantois devant une chute d'eau, au milieu d'une forêt, en haut d'une montagne. La manette posée, on ne peut qu'admirer une esthétique irréprochable, un moteur graphique qui pousse les capacités de la Playstation 2 au maximum.
Mais cette beauté a un prix, quelques chutes de framerate et bugs de collision risquent de survenir fréquemment, mais cela n'entache en rien le plaisir de jeu.Dans l'ombre des colosses Il faudra parfois prendre son courage à deux mains | Et ce plaisir, cette jouissance vidéoludique arrive à son paroxisme lors de la rencontre avec un colosse. Ici, pas de combats contre des ennemis arrivant à la chaine, car les seuls êtres qu'il faudra abattre dans ce jeu, ce sont ces entités divines. Aussi haut qu'une montagne, ces êtres imposent leur taille et leur puissance. C'est d'abord un sentiment de peur qui nous traverse l'esprit face à une force qui nous dépasse, puis vient l'excitation, l'engouement. On observe chacun des pas du colosse, on trouve un moyen de s'agripper sur son corps afin de trouver ses points faibles, ses signes vitaux. Epée et arc en main, balloté dans tous les sens, on jubile accroché sur le dos du titan. Plus déterminé que jamais à effacer la peine qui habite le coeur de Wanda et emporté par une musique qui se fait plus intense, à l'image de l'acte héroique, on s'arme de patience en avançant prudemment jusqu'au moment d'atteindre la cible pour y planter le glaive, encore et encore.
Diversifiés et techniquement bluffants, chaque nouvel adversaire sera l'occasion de découvrir de nouvelles manières d'aborder un combat, de mettre à rude épreuve notre matière grise.
Et cette façon d'engager le face à face, sans massacre sanguinaire ni violence exacerbée démontre le lien respectueux entre Wanda et la divinité, combattant d'égal à égal.
Puis l'affrontement s'achève, la bête tombe et le jeune guerrier se voit téléporté jusqu'au sanctuaire où Dormin l'attend afin de lui indiquer qu'elle sera sa prochaine cible.
Un dernier regard sur celle qui anime son corps et son coeur, et Wanda reprend la route, vers un destin aussi beau que triste, où le sacrifice est roi.
"L'amour comme un vertige, comme un sacrifice, et comme le dernier mot de tout."
Alain-Fournier.
Incarnation de ce que l'essence même de l'aventure inspire en nous, véritable tourbillon de passions mêlé de frissons parcourant le corps, Shadow of the Colossus est comme un livre intéractif, où l'imagination et le rêve parcourent chaque page.
Mélant intelligence, magnificence et poésie, cette oeuvre réveille la sensibilité des plus endurcis, intègre la notion d'art dans le monde du jeu vidéo.
Alors placer des mots, des superlatifs et autres proses aussi valorisantes soit elles ne pourraient expliquer la générosité de cette aventure et sa force émotionnelle.
Une oeuvre humaine, touchante et résolument différente, à vivre.
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