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Bande son : 17
Jesper Kyd est au meilleur de sa forme et nous livre ici une bande son de qualité. Mention spéciale aux différentes voix des habitants.

Graphismes : 18
Si l’on fait abstraction des différents bugs, le jeu est une prouesse graphique et peut même se targuer de devenir un nouveau standard en terme de qualité. Les environnements sont magnifiques, les textures fines et le royaume fourmille de petits détails qui font plaisir aux yeux.

Durée de vie : 16
Si vous foncez droit au but, vous en aurez pour une petite dizaine d’heure, mais ce serait enlever une partie de la saveur du titre : à savoir avancer discrètement tout en restant méticuleux. En prenant son temps et en accomplissant les quelques quêtes annexes que compte le titre, vous en aurez pour vingt heures de jeu environ.

Scénario : 12
Malgré une entrée en matière forte alléchante, le jeu patine et peine à convaincre de ce coté là, la faute à une narration et une mise en scène ringarde. Le scénario reste nettement plus intéressant dans le présent.

Gameplay : 17
La maniabilité instinctive fait preuve d’un vrai savoir faire et les commandes répondent aux doigts et à l’œil. Altair se meut avec une aisance déconcertante. Un quasi sans faute.

GENERAL : 15
Une note qui paraîtra sévère pour certains, mais qui met l’accent sur les importantes lacunes du titre qui deviennent vraiment pénibles dans la deuxième partie du jeu. De surcroît,  impossible de fermer les yeux sur le coté beaucoup trop expérimental du soft. Cela dit, Assassin’s Creed dégage une âme tellement forte qu’il mérite toute votre attention. Assurément un titre qui, malgré tous ses défauts, fera date dans l’histoire du jeu vidéo. On attend déjà une suite venant transcender l’expérience de jeu procurée par ce premier volet réussi.


Note des lecteurs : 16
Note :
Test : Assassin's Creed
Développeur : Ubisoft Montréal
Editeur : Ubisoft
Date de sortie : 15/11/07
Date de test : 23/12/07
Plate-forme : PS3/ X Box 360/ PC
Genre : Infiltration
Testeur : Moggy
Commentaires (3)

Il a su se faire attendre le dernier né des studios d’Ubisoft Montreal. L’attente aura paru interminable pour bon nombre de joueurs désireux de toucher la bête. Ces derniers ont scruté le moindre screenshot et analyser chaque trailers dans les moindres détails. Leur attente était elle justifiée ? C’est ce que nous allons enfin voir.

Waouw ! C’est beau ma bonne dame !

Le jeu affiche à l’écran un panorama impressionnant sans le moindre ralentissement… en général.
Le soft nous permet d’incarner Altair, membre d’un mystérieux clan d’assassins oeuvrant dans l’ombre qui a pour but d’empêcher la troisième croisade d’avoir lieue. Nous sommes donc en plein XII ème siècle sur les terres saintes de Jérusalem et c’est dans ce contexte qu’Altair va payer de son arrogance et de sa trop grande assurance. En effet, déchu après avoir mis en danger sa confrérie, notre héros va devoir se racheter auprès des siens en accomplissant certaines tâches consistant en l’assassinat de neuf victimes.
Al Mualim, votre maître, vous enverra explorer trois cités colossales : Damas, Acre et Jérusalem.

La première chose qui sort de notre bouche lorsque l’on joue est à peu de chose près : « Aahh bbaahh bbaaahhh !! ». Ce cri décrit à la perfection l’émerveillement que l’on éprouve lors de nos premiers pas dans ce vaste royaume, ainsi que de l’ébahissement procuré face à la grâce dont fait preuve notre assassin en se déplaçant. C’est bien simple, la qualité des graphismes et la finesse de l’animation nous font prendre véritablement conscience du fossé séparant cette génération de console à la précédente. Les villes sont immenses, grouillent de monde et fourmillent de petits détails en tout genre. Les textures sont léchées, peaufinées à l’extrême et on passe le plus clair de son temps à contempler les décors si finement dessinés. Mention spéciale aux magnifiques effets de lumière et d’ombres allouant un certain dynamisme à l’ensemble. On prend un plaisir fou à se promener dans chacune des villes et ses alentours. Le jeu possède une vraie patte artistique lui conférant un cachet unique, exactement comme avait fait en son temps Prince of Persia : Les Sables du Temps, du même studio. D’un point de vue purement visuel, Assassin’s Creed tient la majeure partie de ses promesses et ne déçoit pas, à l’exception d’un ou deux points que nous allons découvrir ensemble plus bas.


« Qui c’est qui grimpe sur mon toit, nom de dieu ?! »

Mis à part quelques effusions d’hémoglobine, le jeu ne mise en aucun cas sur la surenchère de gore.
La maniabilité se fait sans heurts via un tutorial assez explicite. Notre assassin se meut avec une aisance déconcertante grâce à une commande intuitive et d’une simplicité à faire pâlir huit canards. Une simple pression sur A permet de sauter et une pression sur la gâchette de droite (RT) en continue permet à notre personnage d’accomplir bon nombre d’acrobaties comme sauter de pilonne en pilonne, de prendre appui sur les murs ou encore de grimper sur les toits. Pour Ubisoft Montreal, l’expérience passée sur Prince Of Persia fait mouche ici et on se surprend à réaliser un nombre incroyable d’actions qu’un Yamakasi ne renierait pas. Grâce à ces deux boutons, Altair peut grimper sur quasiment tout ce qu’il lui tombe sous la main. On se surprend très vite à sauter de maison en maison et d’enchaîner les séances de grimpettes. Cependant, il est fortement déconseillé de reproduire les mêmes actions chez vous.

Les maîtres mots de votre métier sont prudence et discrétion, si vous tenez à rester en vie pendant l’aventure. La foule est d’ailleurs un facteur à prendre en compte lors de vos ballades en ville. Une pression continue sur le bouton B vous permet de pousser doucement les habitants lorsque vous prenez un bain de foule. Cette action vous permettra par ailleurs à ne pas faire tomber les jarres que certains habitants portent sur la tête. Si vous vous faites repérer par les gardes dispatchés un peu partout dans les villes (et même parfois sur les toits), ils vous poursuivront. Si tel est le cas, deux choix s’offrent à vous. La première consiste à  fuir et d’essayer de trouver une cachette comme s’asseoir sur un banc, marcher et prier tel un érudit, ou encore se cacher sur un toit. Deuxième solution : affronter vos poursuivants. Dès lors s’enclenche un mode combat dans lequel vous devrez abattre vos assaillants à l’aide d’un panel de coups relativement varié incluant les enchaînements, les contres, les protections ou encore les parades. Vous avez 3 principales armes à votre disposition et cela durant tout le jeu : l’épée, la lame courte, les couteaux de lancé et la lame discrète (qui ne vous sert en général que pendant les meurtres discrets). Aucun affrontement n’est en général insurmontable. De plus, en plaçant un ou deux contre bien placés, on arrive facilement à terrasser toute une armée. Mais on déplore tout de même que l’exécution des contres facilite grandement les batailles. En sus, plus vous avancerez dans le jeu et plus vous aurez d’ennemis à vos trousses, alors méfiance.
Au départ, il y a la phase où tout joueur normalement constitué s’amuse à tester mille et une facéties comme assassiner les gardes et les innocents histoire de voir ce qu’il adviendra de notre avatar. A noter également que notre héros déchu pourra chevaucher les chevaux et sillonner plus vite le royaume et ainsi passer de ville en ville plus rapidement.


Votre mission si vous l’acceptez…

Les aigles se posent généralement sur les points d’observation. Donc pensez à scruter les cieux afin de repérer ces rapaces.
Nous en arrivons au point central du jeu : les assassinats. Les 3 villes sont divisées en 3 quartiers distincts qu’il faudra découvrir au fur et à mesure en  grimpant sur des clochers, des sommets et autres tours vous servant de points d’observation qui, une fois atteint, mettra à jour votre carte ainsi que vos objectifs. Ces derniers sont relativement variés. On y trouve des missions de pickpocket tel le vol de carte, les négociations avec les indics ou encore les interrogatoires. Ces enquêtes vous seront primordiales afin d’en savoir plus sur votre mission d’assassinat comme comment approcher votre victime, quel sera la disposition des gardes, à quel moment frapper, etc. Une fois ces pérégrinations terminées, il sera temps d’aller assassiner votre proie. Les toits seront en général vos principaux lieux de prédilections et il faudra impérativement vous déplacer en faisant attention aux gardes postés sur les toits. Pendant vos phases d’assassinats, vous serez souvent confronté à une foule composée d’ivrognes et autres personnes mentalement déficientes qui vous bousculeront et vous exposeront assez souvent au danger. Le comportement imprévisible rend votre cheminement dans la ville difficile à appréhender. Les porteurs de jarres sont également dangereux pour votre discrétion et il faudra apprendre à vous frayer un chemin. Détail amusant : les habitants sont très attentifs lorsque vous vous amuserez à quelques fantaisies comme grimper subitement sur un muret ou sauter sur un toit sans raison. Leurs commentaires sont assez amusants et rendent vos ballades plus vivantes. Une fois votre contrat remplit et votre victime à terre, il vous faudra fuir. Dans ces moments, et ce, malgré l’agilité juvénile de notre assassin, le combat semblera inévitable. Les gardes deviendront véritablement hargneux et certains vous poursuivront jusque sur les toits. La musique contribue grandement à sublimer l’ambiance et Jesper Kyd (auteur des musiques de Hitman en autre) compose avec brio la bande son du titre.

Une fois de retour dans votre cachette, vous reviendrez au QG de votre clan afin de parler à votre maître à Masyaf qui vous rendra au compte goutte votre équipement et vous regagnerez vos compétences. En définitif, les mots d’ordre du jeu sont liberté d’action et discrétion. Quelques quêtes secondaires viendront égayer les parties des plus téméraires d’entres vous. C’est ce qui nous permet d’aborder les importants défauts du titre…


Ouh les vilains défauts !!

Marchez en évitant de faire tomber les jarres afin de ne pas éveiller les soupçons sur vous.
Hé oui, comme aucun jeu n’est parfait, il est temps d’aborder les zones d’ombres venant gâcher un tableau si idyllique. Ces défauts sont à signaler car ils gangrènent réellement l’évolution dans l’aventure. Pire encore, ils entachent le plaisir de jeu de manières plus que conséquente.
Commençons par aborder l’IA bancal de vos adversaires qui vous paraîtra bénin lors vos premiers pas, mais qui deviendra un véritable fléau plus loin dans le jeu. Parfois, vous bousculerez bon nombres de personnes sans que cela alerte la moindre patrouille environnante, alors que d’autres fois, vous dérangerez un habitant pas inadvertance provoquant par la suite les foudres des gardes. Réellement agaçant, surtout pendant la deuxième partie du jeu où la moindre erreur peut être fatale. Les bugs et autres défauts de programmation répondent malheureusement à l’appel. Moins énervant que la capricieuse IA des ennemis, les freezes et autre chute de frame rate (surtout présent dans la version PS3) surviennent par moment. Même si cela n’arrive pas souvent, la régularité de ces défauts donne l’impression d’assister à un soft inachevé. Intuition confirmée une fois l’aventure terminé. En effet, l’intrigue donne lieu à une fin ouverte laissant présager un deuxième opus (Etonnant venant de la part d’Ubisoft ^^). C’est un comble, lorsque l’on en vient à la troisième lacune du titre : son scénario et surtout sa narration. Apres un début fort accrocheur, l’histoire contée aurait pu être intéressante mais la mise en scène adoptée est tellement rigide et ennuyeuse que l’on se désintéresse complètement de l’intrigue. Nous n’entrerons pas dans les détails afin de ne rien révéler,  mais Ubisoft semble avoir négliger réellement ce point précis et ce n’est pas cette fin moisi qui nous enlèvera cette idée de la tête. Pourtant, si le jeu avait eu un scénario digne de ce nom, il aurait pu corriger en partie la répétitivité du jeu, qui est le quatrième plus gros défaut du jeu. Malgré la palette de mouvement réellement variée et l’intérêt des missions, on tombe très vite dans l’ennui total caractérisé par une désagréable impression de répéter sans cesse les mêmes actions.
Au final, les enquêtes préliminaires se résument sans cesse à la même chose : repérages des lieux, glaner des informations, dérober un objet etc. etc. Ajouter à cela, des cités effectivement grouillantes d’habitants qui semblent finalement assez vides. Le royaume a beau être gigantesque, on s’ y ennui ferme. Le jeu jongle sans cesse avec ce coté paradoxale, et ce n’est guère l’intérêt très limité des quêtes secondaires qui changeront la donne. La capture de drapeau, le sauvetage d’érudits maltraités par les soldats, la traque aux chevaliers templiers, toutes ces quêtes semblent avoir été mise à l’arrache histoire de rassasier le joueur qui compte fouler les terres saintes dans les moindres recoin. Mais il faut être sacrement motiver pour dénicher tous les secrets dont regorge le titre.



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En répertoriant ses défauts, on a l’impression d’avoir affaire à un soft expérimental et inconsistant qui collectionne autant de qualités que de défauts et nous fait pester contre tant d’imperfections. En définitif, Assassin’s Creed flirte avec le génie sans jamais l’atteindre. Une sorte de gigantesque bac à sable dans lequel se greffe bon nombre de bonnes idées de gameplay qui seront fédérateurs des jeux d’infiltration Next Gen. L’ambiance démentielle, les somptueux graphismes, la maniabilité instinctive ainsi que l’animation quasiment sans faille d’Altair sont là pour nous signaler que l’on tient un grand jeu. Mais le manque de variété dans l’action, les bugs, l’IA et la douteuse mise en scène tendent à faire pencher la balance de l’autre coté. Un jeu paradoxal, remplit de bonnes intentions qui nous rappelle qu’UbiSoft a trop souvent communiqué sur la forme mais jamais sur le fond et qu’ils rectifieront le tir, à coup sûr, dans sa suite.