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Compositeurs : Nobuo Uematsu
Nombre de CD : 1
Date de l'article : 07/08/2006
Auteur : Kima
Commentaires (0)


Nous sommes bien dans la section Ost mais aujourd’hui je vais faire une petite entorse à la règle car je ne traiterais pas d’une bande originale de jeu ou de manga, mais d’une œuvre purement personnelle. Là vous vous dîtes, ça y est il déconne le Kima il va nous faire un article sur le dernier Lorie. Rassurez vous, si je me permet de faire la critique d’une œuvre « à part » c’est qu’elle a un rapport direct avec le monde du Jv, et ce rapport n’est autre que son compositeur puisqu’il s’agit de ce bon vieux Nobuo. Quoi, du Nobuo et c’est pas une Ost ? Et bien oui, notre cher génie moustachu a ressentit le besoin de composer une œuvre bien à lui, une œuvre de 10 titres nommé Phantasmagoria, dont je vais vous présenter le contenu.



Phantasmagoria, un titre qui évoque un univers paradisiaque, et le premier morceau en est une très belle illustration. Il débute avec un synthétiseur jouant une petite mélodie suave qui nous transporte immédiatement dans les nuages. La basse très lente ne fait qu’appuyer le trait d’une ambiance à la fois douce et pesante puis surgit ensuite une montée d’arpéges de guitare ainsi qu’une voix parler en japonais comme en a coutume Uematsu. Le morceau se termine par l’apparition d’instrument à vent ce qui embellie le tout pour une sorte de bouquet final. Vraiment un très bon morceau, du Nobuo dans ses grands moments, on est déjà transporté à des kilomètres, le disque ne pouvait pas mieux commencer.

Le second morceau débute tout de suite par une mélodie jouée à la clarinette et accompagné à la guitare acoustique. Puis la flutte prend le relais ainsi que le violon, jouant toujours la même mélodie, un procédé connu chez notre ami à lunette. A la moitié de la piste la guitare et le clavier s’emballent pour une petite montée qui redescend ensuite avec la clarinette qui nous joue une sorte de solo très ample, très mielleux. Un morceau plutôt réussit, on à l’impression d’entendre du FFVI par moment, en tout cas c’est une piste qui aurait très largement sa place dans un Ost.

Le titre suivant débute par une courte intro qui pose directement le décor, encore une fois une ambiance étrange, où on ne sait pas trop ce qui va arriver. Et puis survient la clarinette, qui répond à nos questions en nous proposant une mélodie mélancolique, à la limite entre la joie et la tristesse. Cette dernière est encore une fois surplombé d’une jolie voix japonaise, mais on aurait bien voulu comprendre les paroles. Malheur à nous occidentaux qui ne savent pas parler le japonais, car ici une voix est plutôt perturbant. On aurait peut être préféré une voix chanté, où au moins comprendre ce que dit cette voix, ce qui doit sans nul doute rajouter à la profondeur du thème. Bref encore une thème lourd et pesant au allure étrange comme j’en raffole. Remarquez l’accompagnement, très proche des travaux de Matsuda, coïncidence ?

Le morceau suivant débute par une montée de synthétiseur suivit d’un accompagnement clavier et d’une mélodie encore une fois à la clarinette. Là il n’y a plus de doute, c’est bien une thème triste que nous propose Nobuo. La preuve en est l’accompagnement de guitare plutôt glauque puis la partie de synthé qui nous plonge au plus profond de l’océan, on se croirait dans le Grand bleu ou dans un épisode du commandant Cousteau lol. Bref on voit bien que notre compositeur sait jouer avec nos sentiments et nous transporte où il veut.

Le 5ème morceau est un peu spécial, je dirais que c’est le coté que j’aime le moins chez Uematsu. Il nous propose ici un thème tout au synthétiseur avec une mélodie rappelant l’enfance, très proche du thème des Moggles. Mais quand on tend bien l’oreille et qu’on l’écoute plusieurs fois il est tout de même pas si mal ce thème, surtout l’accompagnement. Un titre passable en somme, mais qui fait quand même figure d’intrus après toute ces belles mélodies légères.

Ca nous manquait et on n’a pas attendu longtemps car dès les premiers accords on perçoit de nouveau cette ambiance céleste. La grande partie de la mélodie de ce nouveau morceau est jouée au synthé par une sorte de xylophone relayé par des clochettes, une sorte de mouvement perpétuel qui plane. Remarquer la basse qui va dans les graves lorsque la mélodie s’envole dans les aigues, un procédé emprunté aux plus grands compositeurs. Encore une fois Nobuo nous sert ici un silence musical, une tranquillité qui ne peu laisser indifférent.

La 7ème piste est plutôt étrange. En effet elle commence sous des airs de fanfare avec des cuivres retentissants, on se croirait au départ d’une chasse à cour. Et puis en un éclair tout change et un accompagnement habile de piano, lent et souple, se met en place alors qu’une voix japonaise, masculine cette fois, prend le dessus. La mélodie joué à la clarinette est sublime et elle structure bien le thème qui aurait pu être très vite monolithique à cause de la voix parlé. On finit le tout par la présence d’un violoncelle. Un bon titre mais qui, finalement, peu flirter avec le cliché, bien que l’introduction surprend quelque peu. Remarquer l’accompagnement, il y a un quelque chose du Prélude des Final Fantasy, enfin moi je trouve.

La piste suivante commence par un air de mandoline, Venise sur une gondole, on y est. Là je suis vraiment partagé, car c’est vraiment pas mon fort ce genre d’instrument, ça m’irrite l’oreille plus qu’autre chose mais néanmoins la mélodie est fabuleuse. Enfin bon je me retiendrais un moment de changer de piste, et je fais bien car la suite est beaucoup mieux. Une guitare prend le relais jouant une mélodie avec de grands silences à la Mozart (prétentieux le japonais ?). Puis la mélodie est reprise par le synthé. Mais la dernière moitié du titre est rejoué par la mandoline. Dommage je commençais à aimer mais bon ça et l’accordéon je ne peux pas, et puis ça fait là aussi très cliché je trouve, le genre romance à Venise. Enfin ce n’est qu’une question de goût après tout.

La 9ème piste est entièrement jouée au piano. Faut reconnaître Nobuo au piano ça fait des ravages et là encore on se laisse vite saisir par la volupté de son jeu. Pas grand-chose d’autre à dire, c’est pas un titre transcendant mais ça se laisse écouter, on aurait peut être préféré plus de changement de rythme et de contraste, mais c’est déjà très beau comme ça. Que demander de plus ?

On arrive à la dernière piste du disque et là surprise, une mélodie qu’on connaît déjà. Et oui puisqu’il s’agit du fameux thème Final Fantasy, avec une voix féminine par-dessus. Un titre vraiment étrange, personnellement je n’aime pas trop le chant et l’accompagnement est kitch au possible avec des petites apparitions de clavettes sans parler du milieu du morceau où on à le droit à un délire total. Enfin, on prendra ça sous le ton de la rigolade. On a donc à faire ici plutôt à un titre bonus qu’autre chose, car il ne reflète en rien les morceaux précédents.



Au final ce Phantasmagoria est une franche réussite de la part du moustachu de chez Square. Comme son titre pouvait le présager l’univers de cet ouvrage nage entre le rêve et les sentiments les plus forts. Contrairement à ses Ost, Nobuo nous signe ici un album où l’on ressent beaucoup plus la présence des synthétiseurs, on remarqueégalement la grand utilisation de la clarinette.
Phantasmagoria n’apparaît donc pas comme une vulgaire compilation des titres personnel du compositeur japonais, mais bel et bien comme un concept album, travaillé et retravaillé où les titres ont dû être triés pour en garder seulement 10 au final, un pur concentré de bonheur. Il va sans dire que je vous le recommande.

01- Rainy Days, Children
02- Angel Hands
03- Lots of Little...
04- Revival of a Tender Experience
05- Dogs of the Beach
06- Phantasmagoria
07- Deep Ocean Blue
08- People of Maya
09- Mirrors
10- Final Fantasy