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Depuis leur création ou plutôt depuis leur expansion, les jeux vidéo font jaser au plus point les esprits bien-pensants. Ce médium s’adressant à une tranche de population assez jeune, le problème de la violence et de la pornographie fit très vite parlé de lui amenant même certaines firmes devant les tribunaux et autres interdiction de ventes en tout genre. Censure ou prévention ?

Le Jeu vidéo contrôlé:

Le jeu vidéo étant un support audiovisuel comme les autres, il est évidement soumis à un contrôle de passage afin de vérifier si le contenu du médium en question n’est pas susceptible de perturber la bonne conscience de nos jeunes bambins.
Nous connaissions déjà ce système de contrôle sur d’autres supports tels que le cinéma (télévision) ou encore la musique sublimé par des sigles en bas d’écran ou sur les pochettes de disques. Ces signes auxquels maintenant plus personnes ne fait attention sont ils vraiment nécessaires ou efficaces, on est en droit de se poser la question.
Quant au jeu vidéo, il n’a pas pu résister longtemps à l’absence de ces stickers que l’on retrouve désormais en bas de toutes les jaquettes de jeux nous indiquant la présence ou non d’un contenu violent.
Pur processus issu de l’Amérique puritaine, il fut très vite appliqué sur le vieux continent comme l’a été le très charmant stickers « Explicit lyrics » pour ce qui est de la musique. On peut être plus ou moins d’accord avec ce système d’étiquetage mais un joueur connaissant un minimum les jeux en question ne peut que s’insurger de l’abus et le ridicule dont font preuves certains stickers attribué par le PEGI (Pan European Game Information). Présence d’alcool, langage grossier, phobie, présence de stupéfiant ou encore de jeux de hasards, tout y passe et des plus farfelus.


J'étais à ...
GTA San Andreas, sûrement le jeu qui a fait le plus parlé de lui sur le sujet de la violence et de la haine raciale.
Pourtant Rockstar s’en est toujours bien tiré vu qu’il arrive sans problème à sortir encore des jeux de la sorte et même encore plus violent comme le fameux Manhunt.
Comme quoi il suffit d’être têtu.
.



Voici les différents stickers que vous pourrez aperçevoir sur les jeux européens
Qu’en est-il aujourd’hui ?:

En novembre dernier (2006), le triste anniversaire de l’insurrection des banlieues remet sur le tapis l’influence de l’image sur la délinquance française et s’ouvre ainsi le chapitre dédié au support vidéo ludique débattu au sein même de l’Assemblée Nationale. Un nouveau système de signalétique a été proposé s’additionnant au système PEGI déjà mis en place sur la majeure partie de l’Europe occidentale. Ce projet de loi se veut non plus préventif mais coercitif. Autrement dit il s’agira toujours de prévenir le joueur des contenus violents mais de plus, il s’agira de sanctionner les développeurs qui essayeraient de passer à coté de la signalétique. Comme le dit si bien le projet de loi : « En cas de non-respect de ces signalétiques, le ministère de l'Intérieur peut demander l'interdiction du produit et de toute publicité. Le ministère peut même proscrire le fait de les exposer à la vue du public en quelque lieu que ce soit, sauf ceux interdits aux mineurs. [...] Un amendement, qui sera discuté par les députés, donne le pouvoir au ministère de l'Intérieur d'interdire un jeu vidéo, DVD ou autre, pour sa violence ou sa haine raciale, même si la signalétique correspondante est bien appliquée »

Les Américains eux vont encore plus loins puisque l’Etat de Californie à d'ores et déjà appliqué une loi interdisant concrètement la vente des jeux violents aux mineurs au même titre que l’alcool et le tabac. Arnold Schwarzenegger (gouverneur de Californie) nous affirme que « La plupart de ces jeux sont faits pour les adultes, et choisir un jeu qui convienne aux enfants devrait être une décision de leurs parents. Les études démontrent les une après les autres que ces jeux ultraviolents ont des effets nocifs sur nos enfants ». Une déclaration qui peut bien nous faire pouffer de rire quand on regarde la carrière de l’ancien acteur qui était plus connu comme le roi du carré blanc que celui du film tout public.


Alors quoi penser ?

Alors quoi penser de la liberté d’expression après de tels propos et des lois plus sévères les unes que les autres quand on pense que les joueurs californiens devront atteindre l’age de leur 21 ans (majorité américaine) pour pouvoir légalement acheter et jouer à des jeux tels que GTA, Metal Gear 3 sans parler des FPS en tout genre.

Objectivement on ne peut pas être fondamentalement en désaccord contre un contrôle du contenu des jeux vidéos notamment avec la progression fulgurante de la qualité graphique des jeux ces dix dernières années qui tendent à un réalisme poussif mais on ne peut que se poser des questions quant à l’attribution de sigles. En comparaison à la réglementation effectuée sur le cinéma et la télévision, celle du JV apparaît vraiment comme décalée. Pour exemple un RPG tel qu’un Final Fantasy ou un Grandia est interdit au moins de 12 ans pour cause de scènes violente, la même interdiction que pour un film d’horreur de bas de tableau. Y’a de quoi s’interroger. Forcément si le PEGI trouve des scènes violentes dans un FF, on comprend mieux le blocage devant un titre signé Rockstar.

Au final, on n’est pas près de voir disparaître tout ce rafût autour du jeu notamment avec les consoles next-gen et le nouveau système de la Wii. On peut seulement espérer que le système de signalétique sera revu à la baisse évitant ainsi tous les abus du genre, qui décrédibilisent plus qu’autre chose. Ce système de « prévention » que personne ne respecte à l'heure d’aujourd’hui, et heureusement pour l’industrie du jeu.
Le PEGI ferait mieux d’instaurer des stickers pour la qualité du jeu. Au moins un sticker « jeu tout pourri » serait de l’information voire même de la prévention.



Kima, le 02/02/07