Diffusée en 2002 sur les petits écrans japonais, RAhXephon est ce qu’on peut appeler une perle rare dans le monde des animes. Néanmoins, RAhXephon n’a pas connu le succès qu’il méritait, car il a été bien trop vite comparé à Evangelion et s’est vu collé la réputation d’être son clone. C’est ainsi que bon nombre de personnes ont omis de voir cette série de science-fiction, sans aucun doute l’une des plus originale et réussie dans le monde de l’animation japonaise.
 Une scène mythique de la série |
D’un bonheur illusoire vers une guerre
L’histoire de RAhXephon peut s’avérer complexe à comprendre, et elle n’est pas aisée à expliquer. Peu à peu, on en apprend plus sur les personnages mais sur les mondes où ils vivent. En effet, nous pouvons parler de monde car la terre est divisée en deux parties : Il y a le dôme, et le reste de notre planète.
Ce dôme, dénommé Tokyo-Jupiter, est apparut après l’utilisation de la bombe atomique par Tokyo pour répondre à la menace Mu en 2013 (« Mu » signifie « néant » en japonais et renvoie à la négation). Tokyo-Jupiter, est une sphère de 160 kilomètre de diamitre qui entoure la ville et qui ressemble à la planète géante de notre système solaire. 23 millions d’êtres humains y vivent, croyant que le monde extérieur a été anéanti. Or, ils sont contrôlés par les Muliens qui nous ressemble, mais dont le sang se trouve être bleu. C’est dans ce dôme que vit Kamina Ayato, jeune lycée de 17ans et peintre très doué. Ayato voit son quotidien basculer le jour où des ennemis inconnus attaque Tokyo, se retrouvant bien loin de la paisible vie qu’il menait jusqu’à maintenant. Ainsi Ayato rencontrera Haruka, une jeune femme tentera de le mener vers le chemin de la vérité. Contraint par les évènements, il verra que dans le temple de Rah dort dans un immense oeuf une étrange entité, le RAhXephon. Un peu à la manière d’Evangélion, tout se précipite dès le premier épisode, nous laissant tout un tas de questions.
Comme je l’ai dit plus haut, c’est au fur et à mesure qu’on en apprend plus sur l’histoire des personnages, mais le décor est planté dès les premiers épisodes. On apprend par exemple que dans le dôme, nous sommes en 2015, alors qu’à l’extérieur, nous sommes en 2027 (quel choc pour Ayato) ! Aussi, on nous fait clairement savoir qu’il y a d’un côté les humains, et les Muliens. Chaque camp se bat avec ses propres armes. Les Muliens utilisent les dolems (sortent de golems volant à la forme plus ou moins torturée), tandis que nous utilisons des armes conventionnelles (Vermillons) et le RAhXephon piloté par Ayato.
|  | Des ailes pour les Hommes: Si vous prêtez bien attention à certaines scène de la série, vous remarquerez que certains personnages apparaissent avec en fond des ailes d'anges (soit parce qu'ils sont devant une peinture, ou devant le logo de Terra). C'est plus ou moins l'une des nombreuses figures dont la série emprunte au monde catholique. | |
En ce qui concerne les épisodes, ils sont tournées un peu à la manière de toutes les séries de mechas : Chaque épisode (ou presque) donne lieu a un combat différent et regorge de nouvelles informations. Dans cet anime, les combats n’ont pas vraiment de rapport inhérent avec l’histoire, mais il influence les personnages (on dira qu’elles sont ponctuelles).
Fait nouveau au sujet des batailles, elles ne sont pas vraiment le lieu d’une violence parfois excessive comme Evangelion (où armes et mains permettent d’étriper l’adversaire dans un bain de sang). RAhXephon innove en matière de combat de mechas puisque ceux-ci luttent avec des sons spéciaux (il faut les entendre et les apprécier), semblable à des voix de chœur. Néanmoins, il arrive qu’il y a une utilisation des armes, comme l’épisode où le RAhXephon utilise son arc éthéré ;)
 L'un des dolems au design torturé |
Sugoï !
Techniquement, cette série est impressionnante. Tiré de l’imaginaire d’Izubuchi Yutaka, RAhXephon une empreinte indélébile dans le monde de l’animation japonaise en terme de créativité, et ce, surtout sur l’aspect graphique. Le style est clair, détaillé et vraiment original. Les personnages sont expressifs, aussi bien dans leurs gestes qu’au niveau du visage ; les mechas sont très bien rendus (avec des dolems humanoïdes-aliens et des Vermillons humanoïdes), tout comme les combats qui ont été privilégiés. L’animation est donc fluide, originale et d’une qualité rarement atteinte. C’est un peu pareil avec l’histoire, les personnages et tous les termes utilisés dans RAhXephon (le terme de Mu, Dolems qui vient de Doll et Golem…). Il y a de nombreux liens avec nos mythes et nos légendes (rien que dans le titre, il suffit de chercher après ;). Mais je ne me risquerai pas à en expliquer plus, sinon ce serait révéler bien des mystères de la série.
|  | RAhXphon le Manga: Contrairement à son homologue anime, l'histoire du manga tient en trois volumes. Le début est similaire à la série anime, mais on tombe assez vite dans une pâle copie d'Evangelion, certains personnages tiennent un rôle différent et ont été modifiés. En fait, il ne reste plus que de RAhXephon manga les noms et le genre graphique de l'anime (le style lui, a été repris par MOMOSE). Au bout du compte on se retrouve face à une énième copie du titre de Gainax (Evangelion), repris en manga par SADAMOTO Yoshiyuki (qui lui aussi avait changé beaucoup de choses). Dommage... | |
 L'énigmatique Kuon avec son habit très spécial ;) |
Le son et ses « spécialités »
C’est indéniable, le son dans RAhXephon est très important. L’anime reposerait même plus sur le son, la musique ou encore le silence que sur le graphisme. Les mechas « chantent », ce qui permet d’envoyer des vagues sonores afin de provoque d’énormes dégâts. Reprenant certaines références musicales, le tout a été conçu par Hashimoto Ichiko, et force est de reconnaître qu’elle a un talent surprenant. Les scènes mélancoliques et sentimentales sont si bien rendues avec la musique que l’on est directement immergé dans la série. Il faut écouter pour comprendre et aimer tous les sons de la série (et surtout le chant de Mishima, « petite amie » d’Ayato), même si certains par exemple peuvent paraître étranges.
Enfin, je toucherai deux mots concernant les voix. Il n’y a rien à redire quant à la version originale qui sont excellentes, mais pour une fois (oui c’est rare), la version française est d’une qualité remarquable et égale à la VO. Un sans faute donc qui a été permit grâce au studio Chinkel (merci quand même à Dybex l’éditeur), qui a rendu aux voix VF toute l’intensité de la VO.
Ainsi, RAhXephon est une série captivante et qui sort vraiment de l’ordinaire pour redonner une vague de fraîcheur à l’animation japonaise. Cette série se révèle être bien plus élevée que la réputation qui l’a qualifié de « sous Evangelion ». Omettre d’admirer RAhXephon, c’est inévitablement manquer une perle rare qu’on n’est pas prêt de revoir de si tôt.