Paru pour la première fois dans Shonen Weekly en 2003, la dernière œuvre du mangaka Ken Akamatsu a commencé à envahir notre bel hexagone en 2004. Suite à la sortie du tome 11 sur nos étalages, revenons sur l’intégralité de ce manga déjà culte.
 Dès son arrivée, Negi se fait martyriser par Asuna. |
Postulat de départ
Negima est un Shonen nous contant les péripéties du petit Negi Springfield, un apprenti magicien, âgé d’à peine dix ans, cherchant à intégrer une classe composée exclusivement de jeunes filles dans un établissement scolaire, afin d’obtenir son diplôme de magicien. Negi devient donc officiellement le professeur principale et d’anglais de la 3-A. D’entrée de jeu, on reconnaît l’adoration de l’auteur de Love Hina qui prend un malin plaisir à plonger un héros au milieu d’un harem de filles toutes plus déjantées les unes que les autres.
Cependant, le petit Negi ne doit en aucun cas révéler à ses élèves qu’il est magicien. Malheureusement, et parce que dans le cas contraire le manga manquerait de piment, la première à découvrir son secret est Asuna, une fille n’appréciant guère les enfants et ayant une fâcheuse tendance à être colérique. Voila pour le synopsis.
 Certaines filles sont totalement décalées et déjantées. Negi a du pain sur la planche. |
Des prémices plutôt modestes…
Au départ, Negima se présente comme étant un manga plutôt banal souffrant de la comparaison avec Love Hina, avec lequel il présente certaines similitudes.
En effet, le début laisse la part belle au comique de situation, lorgnant vers le fan service outrancier. Les culottes volantes fusent dans tous les sens au sein des différentes pages, et le petit Negi tente comme il peut de remettre de l’ordre face à une horde de filles qui sont toutes ses aînées. Les premiers chapitres sont prétextes à intégrer doucement le contexte et présenter furtivement les trente et une filles de la classe.
Les prémices se laissent néanmoins suivre avec plaisir malgré la frivolité dévorante des premiers chapitres.
En revanche, passé le Tome 2, l’histoire se dessine peu à peu afin de devenir réellement captivante. Les personnalités s’affirment et certains mystères font enfin leurs apparitions. Une fois l’intrigue mis en place, les évènements s’enchaînent relativement vite lors des tomes ultérieurs et le fan services s’atténue de manières significatives. Les allergiques à ce dernier point sauteront au plafond. Enfin… peut être pas non plus. (^^)
L’histoire alterne subtilement entre scènes légères et passages tragiques véritablement poignants.
Contrairement à Love Hina, Negima intègre l’élément de la magie qui deviendra omniprésent à partir du troisième tome, lors du combat contre Evangeline. C’est précisément à ce moment que l’histoire prend son envol.
|  | Les animés
L’animé Mahou Sensei Negima comprend en tout 26 épisodes relatant une partie du manga. La qualité est au rendez vous, mais sa fin au dénouement étrangement sombre en a laissé plus d’un perplexe. Comme le manga continue encore aujourd’hui, Xebec, le studio responsable de l’anime, a du inventer une conclusion inédite au manga. Cette fin a laisse un goût amer à certains dont Akamatsu en personne.Conséquence : une seconde série animé du nom de Negima !? et réalisé par le studio Shaft est toujours en cours de diffusion sur les télévisions nippones. Le chara design diffère de celui de la première série. Si la première saison est licenciée chez nous, il faudra prendre son mal en patience quant à la parution de la seconde version dans notre beau pays. | |
 Mais quel est cet inquiétant personnage ? |
Combat ? Vous avez dit combat ?
Hé oui, le manga saute à pied joint dans le domaine du fantastique et de l’occulte, allant jusqu'à subjuguer certains passages d’un magnifique ballet épique traduit par des combats intenses. Un Harry Potter rencontrant Love Hina en somme. Sauf que contrairement à de nombreux mangas, les combats de Negima ne s’éternisent pas en longueur inutile.
Même si au départ, on ignore de quelle façon prendre l’œuvre d’Akamatsu, on comprend, au fur et à mesure que l’intrigue se dévoile, là où l’auteur veut nous emmener. Malgré le grand nombre de personnages à faire interagir au sein de l’intrigue, la mangaka à lunettes maîtrise son sujet à tel point qu’il donne des explicatifs sur la signification de certaines incantations ou sur la mythologie tournant autour des magiciens. Tout ici semble cohérent et c’est l’une des grandes forces de Negima !
 C’est meugnooonn !! |
Galerie de Kawai power !
Attardons nous à présent sur la qualité principale du manga : ses personnages. Commençons les présentations par le petit Negi qui, contrairement aux préjugés préalables que l’on peut avoir sur lui, n’est en aucun cas un héros agaçant. De par son jeune age, il n’est pas non plus un héros adolescent s’inventant des problèmes existentiels digne des plus grands EMO. Rien de tout cela. Notre petit magicien est un garçon débordant d’énergie doté d’une détermination de fer. Toutes ces qualités lui serviront afin d’atteindre son but que le lecteur découvrira en parcourant l’intrigue. C’est ce désir d’atteindre son but qui nous donne envie de s’attacher à ce héros vulnérable et qui donne de l’épaisseur au personnage. Sa personnalité, sa maladresse et son innocence en font donc un personnage réellement adorable. De plus, la présence de Negi réveillera quelques instincts maternels chez ses élèves.
Parlons en justement de ses élèves en commençant par la très énergique Asuna, héroïne malgré elle de cette histoire. Comme évoqué précédemment, Asuna n’apprécie guère les enfants et elle mènera la vie dur à Negi dans un premier temps. D’autant plus qu’elle sera la première à découvrir le secret du jeune professeur, ce qui aura pour effet de mettre ce dernier dans une situation fort embarrassante. Elle possède en outre, un sale caractère qui n’est pas la pour rassurer notre héros.
Continuons le tour d’horizon pour s’arrêter sur la meilleure amie de l’héroïne, j’ai nommé Konoka, la petite fille du directeur de l’école qui contrairement à Asuna est plus douce et semble plus attaché à Negi. Konoka est de nature curieuse et insouciante. Tout les trois partageront d’ailleurs la même chambre et l’importance de Konoka va s’accroître à un moment clef de l’intrigue. Mais chut ! ^^
Evangeline, la vampire magicienne de la classe à la froideur implacable, entrera en scène dès le tome 3 et veut tout simplement la mort du petit Negi. Toutes paroles prononcées pas Evangeline sont à prendre de manière la plus diabolique possible. Cette dernière se présentera d’ailleurs comme étant le premier véritable ennemi que Negi va devoir affronter. Pourtant elle…Ahh chut !
Chachamaru, le robot à la générosité exagérée, accompagne cette dernière dans ses moindres déplacements. Kazumi, la journaliste de la classe, connaît absolument tout concernant les élèves de la classe. Elle est du genre fripouille et sans gène et sera l’une des premières à découvrir le secret de Negi.
 Ayaka, la déléguée de classe, est l’une des filles ayant le plus d’affection envers Negi. |
La classe compte également : Chisame, la geek taciturne le jour et idole du net la nuit, n’appréciant guère ses camarades. Makie, la délicate gymnaste à la sensibilité marquée. Les jumelles Naritaki sont les filles espiègles et hyper actif de la 3-A. Tchao est la superwoman de la classe qui excelle dans tous les domaines dévoilant, lors des derniers tomes, une ambiguïté intriguante. Setsuna, la guerrière de Kyoto excellant dans l’art du katana. Nodoka, le rat de bibliothèque, comme l’appelle ses camarades, à la timidité maladive sera la première à éprouver des sentiments envers le jeune professeur. Ayaka, la riche déléguée snobinarde au passé douloureux et accessoirement meilleure amie/rival d’Asuna, sera celle qui tentera de mettre un semblant d’ordre dans ce joyeux désordre. Les autres, vous les découvrirez en lisant le manga.
L’accent a donc été mis sur les personnages. Chacune des filles possèdent une personnalité et notre attachement à elles ne fera que s’accroître au fur et à mesure de la lecture. Akamatsu a vraiment pris soin quant au peaufinement de ses héroïnes afin de les rendre attendrissantes. Ce constat est d’ailleurs sublimé par le trait si particulier du mangaka. Le chara design est une réussite totale. Pari réussi pour le mangaka de ce coté la.
En définitif, Negima est un excellent manga doté de personnages charismatiques avec lesquels on prend plaisir à suivre le quotidien. Le fan service et la superficialité des débuts s’évaporent au profil d’une histoire plus rythmée et de personnalités plus marquées. Seul l’humour est omniprésent depuis le début. Le constat mitigé de départ est donc contrebalancé à partir du tome 3 et on prend un réel plaisir à suivre les aventures de Negi et de ses élèves. Un incontournable tout simplement !
|  | Chronique d’un mangaka de talent
Ken Akamatsu, né le 5 juillet 1968, commence son ascension au Japon avec AI Non Stop paru en 9 tomes. Ce n’est qu’après avoir publié Itsudatte my Santa, un one shot, que l’auteur obtiendra une renommé internationale grâce à Love Hina, qui s’achèvera après 14 tomes sortis entre 1999 et 2002. Le succès mondial est immédiat malgré le cadre typiquement nippon du manga. Après une petite incursion dans le monde de l’animation en créant le concept de Rikujo Boeitai Mao-chan en 2002, le mangaka commence à œuvré en 2003 sur Mahou Sensei Negima.Sa publication continue encore aujourd’hui après 18 tomes sortis au pays du soleil levant. | |